Elle a été élue par le magazine Times comme étant l’une des 100 personnes les plus influentes en tant qu’artiste en 2016.

Guo Pei est une Légende, non pas parce qu’elle a nommé son défilé « Legend », mais pour son art.

Guo Pei tenant l’invitation pour l’ouverture de la boutique de créateurs BENUDE au défilé automne-hiver 2017/2018 à l’Hôtel Salomon de Rothschild.

Peu connue du grand public international, mais l’étant dans le milieu de la mode et célèbre en Chine où elle a habillé de nombreuses personnalités chinoises depuis plus de deux décennies, elle fut propulsée sur la scène internationale grâce à une stupéfiante robe portée par Rihanna au gala du Met Ball en 2015, à New York. Ironiquement, Guo Pei ne savait pas qui était Rihanna quand elle fut approchée par cette dernière.

Défilé Legend de Guo Pei, photo Kendrick.

Peu connue du grand public international, mais l’étant dans le milieu de la mode et célèbre en Chine où elle a habillé de nombreuses personnalités chinoises depuis plus de deux décennies, elle fut propulsée sur la scène internationale grâce à une stupéfiante robe portée par Rihanna au gala du Met Ball en 2015, à New York. Ironiquement, Guo Pei ne savait pas qui était Rihanna quand elle fut approchée par cette dernière.

Le gala du Met, se déroule au Metropolitan Museum of Art’s Costume Institute, un des plus grands musées d’art au monde, le jour de l’inauguration de l’exposition annuelle de l’Institut du Costume. 

Défilé Legend de Guo Pei, photo Kendrick.

Celui-ci est un département du Met New York où l’on conserve plus de 35 000 pièces et accessoires du XVe siècle à nos jours et en 2015 l’exposition China: Through the Looking Glass y mettait la Chine à l’honneur. 

La liste des convives est gérée par Anna Wintour, la rédactrice en chef de Vogue

Défilé Legend de Guo Pei, photo Kendrick.

Son habileté a été de transformer ce gala, fréquenté par des mécènes, en l’un des plus grands évènements de la mode organisé par une institution culturelle. 

Le Met Ball permet aujourd’hui d’assurer une visibilité internationale au sein de l’industrie de la mode.

Le défilé s’est déroulé le 25 janvier 2017 à la Conciergerie de l’île de la Cité de Paris, une ancienne résidence médiévale des rois de France qui a été transformée en tribunal révolutionnaire en 1793.

Défilé Legend de Guo Pei, photo Kendrick.

Au début du défilé, dans une Conciergerie plongée dans le noir, la première silhouette à défiler fût “The Revenant“ (la Revenante), habillée d’une robe luminescente afin d’évoquer le fantôme de Marie-Antoinette, la dernière reine de France, qui fut enfermée dans ces lieux puis exécutée sur l’actuelle place de la Concorde.

Guo Pei est membre de l’Asian Couture Federation (ACF) dont le président fondateur est le Dr. Frank Cintamani chevalier de l’ordre des Arts et des Lettres 2013 et homme de l’année en 2008 à Singapour. Pionnier, il a propulsé cette ville à la huitième place des capitales de la mode et à la deuxième place après Paris pour la couture française en y ayant invité, pendant plusieurs années, de nombreux créateurs dont Julien Fournié, Yiqing Yin, Jean Paul Gaultier, Stéphane Rolland, Anne Valérie Hash, Christophe Josse, On Aura Tout Vu, Alexis Mabille, Gustavo Lins… 


Guo Pei décrit son dévouement pour la couture : 

« La dévotion, je crois, sera toujours à mettre au premier rang des mérites de l’être humain. Ce sentiment d’altruisme est toujours le moteur de l’exploration et de la création humaine. Comme la lumière du soleil qui donne de la vitalité à toutes les créatures et apporte la prospérité à la vie sur terre, son offre se veut complète, sans aucune réserve. Ma passion pour la couture est enracinée dans cette croyance. Ce n’est qu’avec l’esprit de dévotion qu’une création peut résister à l’épreuve du temps, jusqu’à ce qu’elle devienne une légende. »

Guo Pei

C’est justement avec une autre légende que Guo Pei clôture son défilé : Carmen Dell’Orefice, mannequin new yorkaise qui défile depuis plus de 70 ans. Elle a démarré sa carrière à 15 ans en faisant la couverture de Vogue.

Le visage de Carmen Dell’Orefice est envoûtant ! Elle fut, entre autre, la muse et le modèle de Salvador Dalí et travailla avec de nombreux photographes connus et agences de mannequins tels que Ford Models (la division française a pris son indépendance et s’appelle maintenant Premium Models).

« Les légendes ont toujours été une de mes plus grandes sources d’inspiration, s’ouvrant sur un imaginaire infini. Les origines de l’humanité, les mythes de la création et les mystères de la vie éternelle me fascinent. Une partie de mon âme s’accrochera toujours aux plus beaux fantasmes inspirés par les légendes. »

C’est la troisième collection de Guo Pei, en tant que membre invité de la Chambre Syndicale de la Haute Couture, présentée à la Conciergerie à Paris qui est une construction gothique, au sein du palais de la Cité. Ce dernier fut la résidence et le siège des rois de France du Xe au XIVe siècle.

Au XIVe siècle une partie du palais a été transformé en prison dont peu de personnes en ressortirent vivantes. En 1793 la reine Marie-Antoinette y fut emprisonnée pendant la révolution française.

Comment ne pas être ébloui par cette robe constituée de feuilles d’or ? 

C’est un bon point de départ pour dérouler la vraie légende de ce défilé Guo Pei, dédié à Paris. Il a pour inspirations originales, voire originelles, la cathédrale de Saint-Gall en Suisse, à l’est de Zurich aux abords du lac de Constance, à la frontière entre l’Allemagne et l’Autriche, non loin du Liechtenstein.

Cette région a été le berceau de la création textile dédiée à la haute couture et c’est là que l’usine Jakob Schlaepfer est établie depuis 1904, avec de nombreux clients dont Christian Dior. 

Guo Pei, suite à un rendez-vous à la maison Schlaepfer, fut invitée à visiter la cathédrale de Saint-Gall par le directeur artistique Martin Leuthold (Grand Prix Design 2013). A l’entrée, ce dernier l’avertit : “C’est un endroit que tu vas adorer, mais si tu veux avoir ton vol de retour, tu n’as que 10 minutes pour visiter la cathédrale.”

Au moment où Guo Pei entra, elle fut envoûtée par le dôme et sa spectaculaire fresque sur lequel sont représentées plusieurs icônes bibliques, des nuages et des anges errant dans un univers de rêve fait de lumières et d’ombres. Elle y resta quatre heures pendant lesquelles elle y élabora mentalement sa nouvelle collection, ayant complètement fait abstraction de son horaire de vol.

Guo Pei rendra un nouvel hommage à la Haute Couture le 2 juillet 2017 dans le prestigieux Hôtel Salon de Rothschild à Paris, en travaillant en étroite collaboration avec Caroline Scheufele, co-présidente et directrice artistique de la maison de Haute Joaillerie Chopard.

Guo Pei ne pouvait surpasser dans l’immédiat le colossal défilé Legend printemps-été 2017 avec ses créatures fantastiques et démesurées dont certaines avaient demandé plus de deux ans de travail.

Pour le défilé automne-hiver 2017/2018, elle a pris le parti de rendre hommage à la Haute Couture en se focalisant sur le vêtement en tant que tel, à contre-courant d’un contexte d’industrialisation et de consommation rapide, dans lequel les métiers d’arts ont tendance à s’éloigner de l’idéal “créatif”.

« Pour ce défilé commun avec Guo Pei, une forme de solidarité féminine innovante et prometteuse est exprimée : les femmes ne sont jamais aussi fortes que lorsqu’elles unissent leurs talents. »

Caroline Scheufele

« J’utilise depuis toujours mes créations et mon travail pour exprimer mes sentiments, mes rêves, pour laisser parler mon cœur. Mais pour cette saison, j’ai décidé de me concentrer sur le vêtement lui-même. » – Guo Pei

C’est donc avec 43 silhouettes sophistiquées aux lignes classiques et esthétiques que Guo Pei, avec la complicité de la directrice artistique de Chopard, a réussi à sublimer la femme et la création et cela, dans un court délai.

Le défilé printemps été 2018 Elysium est dédié à la vie. Un arbre inversé surplombe le Cirque d’Hiver. Construit en papier et d’une hauteur de près de 8 mètres, cette œuvre a été réalisée par l’artiste Charles Macaire. Plutôt que de montrer que c’est la terre qui nourrit en surgissant du sol vers le ciel, de manière plus imagée et spirituelle, ce sont les racines inversées qui semblent être à l’origine de la vie en délivrant l’énergie en direction des créatures se mouvant sur un sol bleu intense représentant mer et ciel. Elysium est une île remplie de joie et un univers de fantaisie où se mélangent créations, fleurs et plantes; c’est bien là, la représentation de cet Eden, dans l’esprit de Guo Pei.